07 janvier 2016

ENVIRONNEMENT ET PRESERVATION DU PATRIMOINE

- CRISE DES DECHETS AU LIBAN (31.10.2015)

 

- RECYCLING BEGINS WITH YOU (21.07.2015)

 

- RAS-LE-GAZON ! (04.06.2015)

"J'ai envie de dire "M...." !

Nos ronds points sur l'île de Djerba ont ils vraiment besoin d'être engazonnés ?

Encore et toujours des décisions de dernière minute pour "embellir" les artères des villes !

Je m'en fous du week-end prochain et de l'image éphémère que certains veulent donner de Djerba !

Je m'en fous des quelques invités qui passeront par là et qui verront de la verdure !

Je m'en fous des quelques reportages effectués à l'occasion et qui montreront une Djerba verdoyante !

Ce qui m'importe c'est quand mes concitoyens et moi prenons la route pour aller travailler avançons sur une route bien entretenue ,avec des bas-côtés sans sacs et bouteilles en plastique.

Ce qui m'importe c'est quand mon fils et moi avons envie de faire un petit jogging ne tombons pas sur des ronds points où la pelouse est agonisante.

Ce qui m'importe c'est quand l'embellissement est conçu pour durer.

Est il concevable de mettre du gazon quand sur l'île il arrive aux citoyens de rester sans eau courante pendant plusieurs heures ?

N'est-il pas plus judicieux de penser plutôt aux cactées , aux palmiers robustes avec des aménagements artistiques qui permettront d'économiser de l'eau et de mettre en avant les spécificités du pays?

L'initiateur d'un projet est responsable d'en assurer la pérennité mais jusque là il en a été toujours autrement.
J'aurais du être contente car ils avaient commencé par le rond point en face de chez moi, mais cela me révolte ! 
C'est de l'argent jeté par la fenêtre et c'est de l’énergie gaspillée pour un résultat "MIRAGE".

Et "M...." encore une fois !!!"

Post de Mme Khaoula ElCadi en date du 02.06.2015 sur Facebook


- PROJET PILOTE POUR LA GESTION DES DECHETS A DJERBA (29.04.2015)

Intégralité de l'article Global Net en cliquant ici et sur l'image pour lire la vidéo.

Enrubanneuse

 

 

 

- MENACE SUR L'ILOT DE DZIRA (31.12.2014)

Cliquer sur l'image pour accéder à l'article complet de Naceur Bouabid sur Kapitalis.

Dzira



- DECHARGES DE MELLITA ET GUELLALA VIA SOS BIAA (12.10.2014)

Cliquer sur l'image pour accéder au post Facebook.

VidéosDécharges

 

 

- DESSALEMENT EN EAUX TROUBLES (10.10.2014)
Cliquer sur l'image pour accéder à l'article de Nawaat.

Dessalement

 

 

- CRISE DES DECHETS : AMEL KARBOUL ACCUSE (05.10.2014)

Selon la Ministre du Tourisme, Madame Amel Karboul, dans une interview accordée à la chaîne Ettounsia (dans son intégralité ici), la crise de la gestion des déchets à Djerba est due à l'opposition systématique de certains citoyens de l'île à l'exploitation de décharges locales. Selon elle, si ces djerbiens, non désignés, ne bloquaient pas la situation, l'île pourrait être nettoyée en 3 jours. Elle précise toutefois que cette question ne fait pas partie de son domaine de compétences. C'est à partir de la minute 35:34 de la vidéo.

Par ailleurs, le secrétaire d'Etat chargé du Développement durable, Monsieur Mounir Majdoub  a déclaré au micro de Shems Fm Médenine que la municipalité d'Houmt Souk a reçu 10 premières poubelles d'une contenance de 30 tonnes chacune afin de réduire la crise de la pollution dans la région. 

La solution provisoire serait donc d'entasser au maximum. La mise en conformité des décharges existantes et/ou la création de nouvelles, pas plus que la mise en place d'une véritable politique de réduction et de tri des déchets ne sont à l'ordre du jour.


- LETTRE OUVERTE DE NACEUR BOUABID AU CHEF DE GOUVERNEMENT 
(18.09.2014)
"Monsieur Le Chef du gouvernement,

La crise des déchets à Djerba a fait de l’existence du Djerbien dans son île un enfer indescriptible, et réduit son quotidien à un véritable calvaire insoutenable. Les images transmises à la télévision des tonnes d’ordures amoncelées partout où le regard peut porter, multiformes, à haut degré d’humidité et nauséabondes, ne sont rien devant la vue en permanence de ce spectacle désolant, devant le côtoiement au quotidien de ces foyers de nuisance, devant l’inhalation obligée des odeurs de puanteur et des fumées de détritus brûlés. Vous n’avez pas jugé utile de faire le déplacement à Djerba pour constater de visu la catastrophe dans toute son ampleur, le mal d’une île dans toute sa gravité, pour lire dans les yeux la désolation d’une population désemparée et désespérée. Nous comprenons que vous ayez d’autres dossiers à traiter, dont celui inhérent au terrorisme, et que vous n’ayez que faire de la crise des déchets à Djerba, dont vous avez délégué le traitement à d’autres membres de votre gouvernement, mais la santé de vos concitoyens exposés au risque imminent d’une épidémie résultant du séjour prolongé des ordures, et victimes déjà d’allergies et d’infections cutanées n’est rien à vos yeux? N’est-ce pas du terrorisme qu’une bande de citoyens imposent leur diktat et qu’ils interdisent aux engins de l’Etat l’accès à une décharge contrôlée, soumettant une entière population de 150 000 habitants à un calvaire interminable et angoissant ? Un tel contexte de malaise généralisé, de déception et de désespoir ne constitue-t-il pas une meilleure aubaine pour les pêcheurs dans les eaux troubles de s’infiltrer et de commettre leur forfait ? 

Depuis la fermeture de la décharge contrôlée de Guellala en avril 2012, cette pauvre population voyait le mal proliférer, la nuisance croître, l’espoir s’amenuiser, mais elle a toujours su mesurer, avec sagesse et bon sens, ses réactions et tempérer les ardeurs. Les rapports fallacieux qui vous ont été communiqués sur l’attitude peu concordante des intervenants locaux vous ont induit en erreur, et vous ont amené à vous résoudre que la responsabilité de la persistance de la crise incombe aux Djerbiens qui n’ont finalement que ce qu’ils méritent. Cette population à qui, croyons-nous savoir, vous vous entêtez à faire assumer la responsabilité du fiasco, est en train de payer chèrement le tribut d’une mauvaise gestion de la crise par les gouvernements consécutifs, dont le vôtre. Nous avons vu comment les Ministres et Secrétaires d’Etat venaient à Djerba, comment se préparaient les réunions et dans quelles conditions elles se déroulaient : une mascarade sans plus, beaucoup d’improvisation, de brouhaha et de confusion. Cette population, maudite sans raison, a l’impression qu’elle est lâchée, trahie, abandonnée à son triste sort ; les Djerbiens s’indignent du sort ingrat réservé à leur île, qui a tout donné sans calcul, qui a contribué remarquablement à la résurgence et l’essor de notre pays depuis les premières heures de l’indépendance, mais au lieu d’avoir droit à plus d’égard et de considérations dans ce grave contexte de crise, voilà qu’elle est ingratement marginalisée et oubliée. Monsieur Le Chef du Gouvernement, est-ce trop demandé pour une île que d’avoir le droit d’accès à une décharge contrôlée, gérée dans les normes ? Ces Djerbiens diabolisés par vos siens n’ont jamais rien demandé par le passé, mais aujourd’hui, ils ne demandent qu’une chose, et en toute urgence : que toutes ces tonnes d’ordures soient acheminées vers une décharge contrôlée et que la folie des décharges anarchiques soient à jamais bannie. 

Depuis le 17 avril 2012, 137 000 tonnes de déchets produits à Djerba ont été déversées dans la nature, dans maints endroits du territoire insulaire, fragiles et vulnérables ? N’est-ce pas assez ? N’est-ce pas un crime contre la nature et l’environnement, alors que deux décharges contrôlées se trouvent dans les parages ? N’est-ce pas trop pour une île, pour son écosystème et pour sa biodiversité ? 

La société civile se propose de contribuer à l’allègement du volume des déchets, se dit prête à entamer un programme de valorisation des déchets par tri séparatif et compostage et à se mobiliser à cet effet pour davantage de sensibilisation des citoyens, et elle n’attend que ces tonnes d’ordures soient déménagées pour entrer en action, mais il ne revient qu’à l’Etat de s’acquitter d’un tel devoir et qu’à ses représentants de remplir les missions qui leur sont assignées. 

Nos enfants reprennent le chemin de l’école à partir de ce lundi, et combien nous aurions aimé qu’ils n'aient plus à côtoyer les amas d’ordures, ni à inhaler les fumées nocives des déchets brûlés ; dans quelques jours se produit à Djerba l’événement artistique Djerba Hood en présence de grandes personnalités étrangères de la culture et de beaucoup d’artistes de plusieurs pays ; à la fin de ce mois, 26, 27 et 28 septembre, sera organisée à Djerba une conférence internationale sur l’insularité en présence d’éminents universitaires représentant différentes îles du monde ; dans ce contexte de la rentrée scolaire, et à la veille de ces grandes manifestations, je me permets, Monsieur le Chef du Gouvernement, de vous interpeller, d’interpeller votre conscience pour venir au secours d’une île en perdition. Venez entendre le cri de détresse d’une frange de la population d’un pays que vous gouvernez, voir ce que nous voyons au quotidien, inhaler ce que nous inhalons, bon gré mal gré et à pleins poumons, et supporter ce que nous supportons. Venez admirer le spectacle nocturne des déchets éparpillés d’un bas-côté à l’autre et des brasiers, barrant carrément la voie de circulation et contraignant les véhicules, dont des bus chargés de touristes à peine arrivés et en route vers leurs hôtels, à rebrousser chemin et à trouver d’autres voies de passage. La colère de la population est à son comble, et elle n’a plus rien à perdre, après 27 mois d’attente vaine et stérile ; les prochains jours ne seront pas de tout repos, et il est à s’attendre à des décisions d’actions d’envergure à la hauteur de l’ampleur de la crise et de l’inefficience de l’apport du gouvernement que vous présidez."

Naceur Bouabid
Président de l’Association pour la Sauvegarde de l’Île de Djerba



- OPERATION HOUMT SOUK, VILLE MORTE (18.09.2014)
La mobilisation générale d'Houmt Souk est une vraie réussite. Tous les commerçants ont répondu à l'appel de grève générale.

Dès ce matin 8h00 donc, les premiers manifestants affluaient sur l'avenue Habib Bourguiba  et se regroupaient face à la municipalité. Lassés des effets d'annonce de solution à la grave crise des déchets que connaît l'île depuis des mois, de très nombreuses personnes se sont déplacées pour exprimer leur mécontentement, exiger des solutions rapides mais durables et la démission de l'équipe municipale et du gouverneur.

Par ailleurs, en entrée de ville, des détritus ont été éparpillés sur la chaussée obligeant les automobilistes à slalomer entre des tas de détritus.

La manifestation se voulait apolitique et tous partis et coprs de métier confondus, particuliers, commerçants, lycéens ont défilé tous ensemble pour scander notamment : "La poule aux oeufs d'or agonise".

On peut regretter toutefois que les autres villages de l'île, notamment Midoun, ne se soient pas ralliés à ce mouvement, manquant une occasion de se montrer solidaires et confirmant l'impression que trop souvent sous nos cieux "chacun balaie devant sa porte".

P.S. : 
- Les pharmaciens de Midoun se sont portés solidaires du mouvement.
- L'UTICA d'Ajim a rédigé une lettre de soutien.
- La FRH marque son mécontentement par le boycott du paiement des taxes.



- ZEBLA BUCKET CHALLENGE (01.09.2014)






- POUBELLES : POINTS NOIRS TUNISIE PAR INKYFADA (20.08.2014)

Cliquer sur la photo pour accéder à l'article.

Inkyfada




- POINT SUR LA CRISE DES DECHETS PAR NACEUR BOUABID (ASSIDJE) - (14.08.2014)

Journal "Le Temps" - Jeudi 14 Août 2014

"Ça y est, on a trouvé la solution: les dépotoirs sauvages

Jamais affaire d’intérêt commun à Djerba n’a fait couler autant d’encre, n’a pris autant de temps pour ne pas être résolue, et n’a causé autant de confusion et de division au sein d’une population désorientée et désemparée. La dernière réunion en date du samedi 26 juillet 2014 tenue au siège du gouvernorat de Médenine au sujet de la crise des déchets à Djerba devait apporter une solution au problème épineux de l’amoncellement et de la prolifération des ordures à Djerba et mettre fin à ce feuilleton de mauvais goût qui n’a fait que trop durer. A vrai dire, on nourrissait beaucoup d’espoir sur cette réunion de la dernière chance, pour faire sortir Djerba du marasme persistant. On devait annoncer un plan de sortie de crise, englobant des solutions à court terme à mettre en œuvre dans l’immédiat consistant prioritairement à éliminer tous les foyers d’amoncellement des ordures et à les acheminer vers plutôt des décharges contrôlées, et d’autres à moyen et long termes résidant dans le déblaiement du territoire de l’île de tous les dépotoirs de fortune créés pour la circonstance et l’adoption d’un projet intégré des déchets solides inspiré des scénarii proposés dans le cadre de l’étude menée, sous la modération de l’Anged, par les experts de la GIZ, et qui devrait en finir définitivement avec ce mode opératoire de gestion des déchets ayant prôné l’improvisation hasardeuse lourde de conséquences. 

La réunion de toutes les déceptions.

On s’attendait de ladite réunion que des solutions de toute urgence, courageuses, rétablissant l’autorité de l’Etat sérieusement compromise, fussent annoncées pour entrer en vigueur dès le lendemain ou le surlendemain, au plus tard. Mais rien de tel ne s’est produit, et à l’instar de toutes les autres réunions tenues au plus haut niveau depuis plus de deux ans, on n’a eu droit qu’à des promesses de projet semblables en tous points à leurs devancières, et on n’a donné aux Djerbiens qu’à continuer à rêver. Mais à voir le bout du tunnel, mais à ne plus avoir à côtoyer les montagnes d’ordures et à inhaler les odeurs nauséabondes sinon la fumée nocive des détritus brûlés, ils peuvent encore attendre et se convaincre qu’ils n’ont droit en revanche qu’à espérer. Comment peut-il être autrement quand une réunion d’un si haut niveau, intervenant à un moment fatidique, censée apporter des solutions immédiates, à moyen et long termes, rationnelles, susceptibles de rassurer, débouche sur des mesures aussi insensées, aussi graves et aussi débiles que celle, entre autres, de se servir de cinq sites sur le territoire de l’île pour en faire des dépotoirs sauvages. Les marchands des dépotoirs sauvages, qui ont vu leur commerce fleurir ces derniers temps, ont charcuté à leur aise le territoire de cette pauvre île meurtrie, sa campagne en particulier ; voilà les officiels de l’Etat qui leur emboîtent le pas, qui cautionnent l’atteinte à l’environnement, la nuisance, en somme, dans sa plus belle démonstration. Car il a suffi, au cours de la réunion, qu’un présent se disant parler au nom du parti Ennahdha de Mellita fasse part de la proposition de la multiplication des dépotoirs en guise de solution et de son engagement à veiller à sa mise en oeuvre, pour que presque tous les présents, responsables de l’Etat compris, s’y rabattent et qu’ils l’adoptent illico presto. Comble du paradoxe et de l’ironie du sort ! Est-ce à ce point l’impuissance des autorités à présent pour daigner s’allier même au diable et accepter la première venue des propositions, quelque ignoble qu’elle soit, pourvu que les « mauvaises » langues se taisent ? Est-ce à ce prix qu’on fait payer à Djerba et à sa population leur patience face au mal sévissant et leur stoïcisme ? Après deux ans et demi d’attente et d’endurance, de va et vient, de pourparlers ininterrompus, c’est tout ce qu’on a trouvé de mieux à proposer pour sortir de la crise ? La délégation spéciale de Houmt-souk, objet de toutes les médisances, ses membres taxés de tous les noms, ont eu le mérite, au moins, en dépit des limites de leurs pouvoirs, de puiser dans le protocole de jumelage liant le gouvernorat de Médenine au Département de l’Hérault pour finaliser l’accord de mise en place d’un projet pilote de valorisation des déchets par la création d’un mini centre de compostage favorisant l’approche du tri séparatif préalable, qui devait être opérationnel au mois de juillet 2014 et qui aurait pu atténuer considérablement l’ampleur de la crise, bien plus encore, amener les habitants à reconsidérer leurs comportements vis-à-vis des ordures. Hélas ! Voilà une expérience pilote avortée à sa naissance par une poignée d’individus mus par on ne sait quel dessein caché, qui se sont acharnés sur la délégation spéciale de Houmt-Souk et qui ont trouvé des gens qui leur prêtaient l’oreille et pour les croire, accusant de tous les torts son président et ses membres connus de tous par leur intégrité morale et leur impartialité. 

Statu quo navrant et révoltant.

Où en somme-nous aujourd’hui, trois semaines après la tenue de la réunion de toutes les déceptions? Est-on sorti de l’impasse ? A-t-on résolu la crise de l’amoncellement des ordures ? Les fumées étouffantes des déchets brûlés ont-elles cessé de remplir l’air, de jour comme de nuit, et d’envahir sans coup férir les foyers ? Assurément pas malheureusement. Quand les organisateurs de la réunion à l’échelle du gouvernorat n’ont pas jugé utile d’inviter un représentant de la délégation spéciale de Houmt-Souk, encore en exercice même si démissionnaire, ni le président de l’environnement au sein de la même commune, qui est en toute logique le mieux placé et le plus informé pour parler de la question de la gestion des déchets dans sa commune et pour veiller à la mise en œuvre de toute(s) solution(s) ou mesure(s) émanant de la réunion, tout laisse à croire qu’il y avait anguille sous roche, que les dés étaient jetés avant terme et qu’il y avait quelque part une mise en scène de mauvais goût. Où sont passées maintenant toutes ces voix insensées qui montaient en puissance, incitant à la discrimination et au régionalisme, et ces plumes de la médisance visiblement rassasiées après la démission de la délégation spéciale dont elles voulaient la tête depuis belle lurette, et à tout prix ? Où est maintenant l’auteur de la fameuse proposition qui s’est engagé, au nom de son parti, à tout mettre en œuvre pour assurer la mise en décharge des ordures de Houmt-Souk ? Qu’attendent pour intervenir les parties chargées du suivi et de l’application des clauses de l’accord conclu, maintenant qu’il y a bel et bien manquement aux engagements tenus lors de la réunion ? M.Mongi Ben Abdallah, le directeur de l’environnement, ne sait plus sur quel pied danser, lâché, sans contact, ni soutien, ayant à traiter seul avec les contestataires, subissant des revers à répétition à chaque tentative d’aborder un site des cinq proposés lors de la réunion, à laquelle bizarrement il n’a pas été appelé à prendre part. Entre temps, dans ce contexte de haute saison touristique et d’affluence exceptionnelle sur Djerba, les autorités continuent de dormir sur leurs lauriers, laissant à l’abandon, sans délégué, sans maire et sans conseil municipal, une ville de la dimension de Houmt-Souk soumise de ce fait à un vide institutionnel chèrement pénalisant pour les citoyens qui ont affaire à la commune, pour une raison ou une autre, depuis vendredi 07 août, date de l’entrée en vigueur de l’échéance de la démission." 


- ZONE DE PECHE DE MELLITA (06.01.2014)

Pendant des années, je me suis interdite l'accès à cet endroit que j'acceptais bêtement comme réservé aux hommes, comme d'autres femmes s'interdisent d'aller au café.

Pendant des années donc, je me suis questionnée sur la nature de ces cubes alignés en bord de mer, le long de la route de l'aéroport. En quels matériaux étaient-ils bâtis, qui fréquentait cet endroit, à qui appartenaient ces "cabanes" de pêcheurs ?

Je n'ai franchi le cap que la semaine dernière, sans aucune audace d'ailleurs puisque c'est à l'occasion d'une virée entre amis, accompagnée d'hommes, que j'ai enfin foulé le sol de cette curieuse zone de pêche.

Quelques très rares pêcheurs étaient là, peu affairés. C'est la basse saison et c'était la mauvaise heure. Leur indifférence souriante m'a confortée dans l'idée que nos pires limites sont celles que nous nous imposons nous-mêmes. Seule, laissant loin derrière moi mon "escorte", j'étais la bienvenue.

Pas de cabanons en bois mais des cubes de briques, montés à la va-vite dans un ordre anarchique, entourés de carcasses de moteurs, citernes, vieux véhicules et de détritus en tous genres. Ces constructions en dur sont juste tolérées, depuis longtemps, la loi sur le Domaine Public Maritime est bafouée, si seulement cela avait été de façon harmonieuse.

Pourquoi tant s'attacher à la beauté des choses, à l'intégration intelligente de la trace de l'humain dans l'espace naturel et être forcément envahi par la révolte, fatigante, usante ? Les familles de Mellita qui viennent pêcher là semblent totalement insensibles à la pollution des lieux, à la beauté gâchée de cette nature dont ils retirent pourtant l'essentiel. Vivre et survivre, vivre et laisser survivre ce qui est un patrimoine commun n'a pourtant rien d'impossible.

Et puis, dans ce chaos organisé, on rencontre la beauté, dans le regard bienveillant du pêcheur, dans les quelques paroles échangées, sur les flancs d'un vieux bus sur lequel l'usure du temps a façonné un tableau, dans le bleu du ciel et la sérénité de la mer.  On repart avec une colère étouffée,  complice par complaisance, avec l'espoir tout de même que quelque chose changera un jour, que nous nous  feront plus humbles, reconnaissants et surtout responsables.


- TOUCHE PAS A NOS ARBRES (29.12.2013)

Très vive émotion en ce dimanche matin à Midoun lorsque les quelques commerçants de la place de la Poste et quelques autres passants ont assisté à l'élagage démesuré d'un des deux arbres jumeaux du Café de la Jeunesse, également appelé Café de l'Arbre. La nouvelle a de suite circulé sur Facebook et nombreux sont ceux qui parlent de sacrilège.

Tristesse et colère même tant les habitués de la place aiment ces arbres et tant ils représentent un patrimoine commun, centenaire, à l'ombre bénéfique à tous et un si bel espace pour les oiseaux, eux aussi totalement désemparés. Ces arbres faisaient le charme et l'identité de l'endroit.

Mardi prochain, le second arbre sera lui aussi élagué, probablement de façon aussi radicale, sur ordre d'on ne sait qui ni pour quelles raisons. A qui "apartiennent" ces arbres ? Quelques commerçants du quartier ont en tout cas bien l'intention d'exprimer leur mécontentement et si possible éviter une seconde catastrophe.

Certes, ces arbres repousseront, mais combien de temps leur faudra-t-il pour retrouver leur splendeur et tous les bienfaits qu'ils procuraient, sans parler du cachet qu'ils apportaient à Midoun, village de pus en plus défiguré par le béton, envahisseur anarchique ?





- ENVIRONNEMENT, DES SOLUTIONS A NOS PIEDS (06.12.2013)

Parmi la centaine d'innovations pour un développement durable, 21 projets sont mis à l'honneur à l'occasion du Forum Afrique organisé par le ministère français des Affaires Etrangères.

Parmi ces projets figure celui de la jeune et innovante société tunisienne "Chahbani Technologies", entreprise qui conçoit et fabrique de nouveaux systèmes d'irrigation et notamment un diffuseur d'eau enterré

Quant à l'éco-dome, ce n'est pas une innovation récente puisqu'elle date déjà des années 1980. Son inventeur, Nader Khalili, architecte américain d'origine iranienne, l'a élaborée suite à une demande  d'étude de la NASA pour fabriquer des maisons sur la lune. Cette maison en sacs de terre garantit tout le confort, isolation thermique, résistance aux séismes, etc., et réduit considérablement les coûts de construction grâce à une matière première à disposition immédiate, présente en très grandes quantités et facile d'extraction.






- PETITION EN LIGNE POUR LA PRESERVATION LAGUNE LALLA HADRIA (30.06.2013)

Sur le site de l'Agence Foncière Touristique, on peut voir que le projet d'aménagement en zone hôtelière de la lagune Lalla Hadria n'a pas été retiré. On pensait avoir échappé au cauchemar d'une projection financière mégalo et totalement irrespectueuse de ce site unique de l'île, cauchemar baptisé "Djerba Bay". Lalla Hadria est aujourd'hui encore tout aussi "bankable".

En mars 2012 sur la page Facebook de Radio Tataouine, il a été question d'une délégation d'investisseurs lybiens et qataris en visite au gouvernorat de Medenine pour évoquer le projet Lella Hadhria.En mai de la même année, le journal Assabah publiait une liste des 50 plus grands projets sur la Tunisie parmi lesquels celui de l'aménagement de la lagune.

La menace est donc toujours d'actualité et à prendre très au sérieux. Depuis 1972, la lagune Lalla Hadria est régulièrement menacée de destruction avec de sérieuses et irréversibles conséquences prévisibles sur l'environnement, la qualité de vie des insulaires et d'accueil des visiteurs. C'est pourquoi une pétition en ligne a été lancée, pétition (bilingue) à signer et à faire circuler en cliquant ici.

Je reprends ici les propos de M. Adel Abd Hassen qui a partagé sur Facebook toutes les sources d'informations citées ci-dessus : 

"La pétition a comme objectif de s'opposer à un "grand' projet touristique qui occupera 370 hectares dans la zone de Lalla Hadhria (Seguia ou Sebkha de Tanit), avec des hôtels de grand standing, des résidences et un golf. Il y aura aussi une marina avec un port de plaisance. Ce projet aura des répercussions dramatiques sur l'environnement et privera les habitants de l'une des plages les plus prisées, sans parler de la défiguration définitive de l'un des plus beaux sites sur l'île. La pétition rentre dans le cadre d'une action citoyenne menée conjointement entre le CPR et les associations de l'île pour empécherl'exploitation tourisitique irresponsable de ce joyau de l'île et préserver ce beau site pour les générations futures.

La lagune a un rôle écologique très important sur plusieurs points :

- régulation du flux hydraulique grâce à sa capacité de stockage (comme les autres zones humides),

- rôle de filtre en épurant l'eau de ruissellement,

- protection contre l'érosion côtière grâce à la végétation qui l'accompagne,

- habitat ou une mosaïque d'habitats caractérisé par de fortes productions biologiques (algues, crustacés, mollusques et poissons), des milieux associés variés (marais, prés salés, roselières, vasières, Mégaphorbiaie, ripisylve ou mangrove, et souvent caractérisés par des variations temporelles importantes, une lagune pouvant même tendre à naturellement se combler…),

- zone d'accueil très importante pour l'avifaune (limicoles, anatidés…),

- abri pour certaines espèces qui ne vivent que dans ces milieux,

- fonctions écotoniales particulières dans le « réseau écologique » littoral (tantôt structure-gué, ou zone-tampon, tantôt incluant des fonctions de corridor biologique.. selon sa taille et le contexte biogéographique, et son degré d'anthropisation.

Une étude récente "ETUDE SUR LA DÉLIMITATION DU DOMAINE PUBLIC MARITIME EN PRÉVISION D’UNE ÉLÉVATION ACCÉLERÉE DU NIVEAU DE LA MER EN TUNISIE" a évoqué les risques de la mise en oeuvre du projet touristique de Lella Hadhria, comprenant 6600 lits sur 220 ha et un golf (en tout 370 ha) dans les termes suivants ( page 68 de l'étude):

• Perte de terre dans les zones de marais ;
• Perte du cordon séparant la mer de la Sebkha;
• Il est probable que la zone sera submergée ;
• L’érosion marine sera accentuée."

Pétition en ligne en cliquant ici. Page Facebook .



- AU NOM DE LA TERRE, ECOLOGIE ET SPIRITUALITE (30.05.2013)
 

 

- "MOINS DE PAPIERS, PLUS DE SAVOIR" par Kathy R. (28.05.2013)

Nous observons, à chaque fin d'année scolaire, la pratique d'une très mauvaise tradition qui s'est installée depuis quelques années. Les élèves des collèges et des lycées déchirent leurs cahiers et les jettent devant les écoles. Les rues se retrouvent jonchées de millions de feuilles, de cahiers et de livres puisque les élèves dans un dernier geste scolaire "festif" s’en débarrassent ainsi. 

De toute évidence, c'est une manière polluante et dégradante pour l’environnement de clore l’année, le tout sous le silence des établissements scolaires. Devant ce spectacle désolant, une action citoyenne afin de collecter les papiers et de les recycler a été lancée sur Facebook dès l'année dernière sur cette page.


L'action consiste à demander aux directeurs des collèges et des lycées de mettre une benne pour collecter tous les papiers, d'appeler une entreprise de recyclage du papier, de tout lui vendre et d'utiliser l'argent pour aider les enfants des quartiers défavorisés au début de l'année à acheter leurs fournitures scolaires.


Lors de la précédente édition, en quelques jours, suite à la création de l'évènement sur Facebook, des établissements de Radés, La Goulette, Gammarth et l’Ariana se sont mobilisés pour faire de cette opération un réel succès. Au total, grâce à l'implication d'enseignants, directeurs d'établissements, élèves et autres bénévoles, 4 écoles , 10 lycées , 3 collèges et 2 centres de formation.


Les établissements participants à l'édition 2012: 
- Lycée Aaloui et Lycée Monfleury grâce à Mohamed Touijine,
- Ecole de la Goulette Casino ("Al Farabi") grâce à Mme La directrice Soukaina Zmerli Souissi, 
- Collège Louis Braille grâce à Mme Jouda Tazarki, 
- Collège Abdallah Farhat de Radès (ex Lycée de Jeunes Filles) grâce à Mme Zouha Sellam,
- Lycée International de Tunis à l'Ariana, 
- Lycée Pilote de l'Ariana,
- Lycée d'El Ghazala, grâce à Mme Hsairi, (action coordonnée avec l’association 'TEARN"),
- Lycée Khaireddine Pacha El Mourouj Bir El Kasaa,
- Collège Farabi de La Goulette,
- lycée de Carthageavec la collaboration de l’Association des Anciens de Carthage grâce à Mme Leila Sassi, 
- Ecole préparatoire de Gaâfour y grâce à Mme Om Led Labidi,
- Lycée secondaire 'Al Ahd Al Jadid, Al Kabbaria' grâce à Mme Basma Juini,
- Centre de formation professionnelle d'EZZOUHOUR grace à Mme Dorra Harrar
- Centre de Formation professionnelle aux métiers du tertiaire, encadré par leur formateur dans le cadre de leur compétence « planifier ses activités « un module de formation enseigné par la méthode d’approche par compétence

La Journée de l'environnement sous le slogan "Moins de papiers, plus de savoir" sera organisée le jeudi 30 mai au Centre tuniso-canadien à Gammarth . Au programme, journée propreté organisée par les étudiants etla mise en place d'une procédure de recyclage de papier grâce à la société Ecora avec laquelle l’édition 2012 a permis de signer une convention de collaboration, qui se manifeste par la collecte régulière des papiers, et recyclage assuré par la sté Ecora. Une benne a été offert à cet effet avec des poubelles en carton pour faciliter la collecte dans les classes.

Sociétés partenaires de la première édition (via "Tunisie Propre") :


ECORA (recyclage de papiers) - El Mghira
Tél. : 79.408.165 
M. Mohamed TRABELSI

AFRICA RECYCLING 
M. Tarek Masmoudi 
Z. I. Mguira II lot n°43 
2082 BEN AROUS
Tél. : 79.408.555
Fax : 79.408.778

SOTIPAPIER (sté de recyclage cartons ondulés)
M. Raouf Hamrouni
8022 Belli, Tunisie
Tél. : 72.200.120/216
Fax : 72.200.303
E-mail et Site Web : raouf-hamrouni@planet.tn www.hamrouni.com

 

- POLLUTION PLASTIQUES (01.04.2013) 

 

 

- FLAMMES DE L'ENFER (04.01.2013)

Ce vendredi 16H45, en pleine zone touristique, face à l'Aldiana, des pompiers luttaient contre la mise à feu volontaire d'une énième décharge à ciel ouvert.

Ce vendredi, comme depuis des mois, Midoun est aux mains du parti Ennadha qui aime les gens qui prient mais se fout du plus grand tapis de prière qu'est la Terre, tandis que vers 13H00 l'imam de la mosquée Kbess hurlait sa foi et disait : "Ne mourrez pas sans être musulman".

Il est urgent d'assurer aux habitants et futurs visiteurs de l'île un environnement digne et sécurisant.


- STATION PILOTE DE COMPOSTAGE DE DJERBA (28.11.2012)

Pour l'instant à l'étape d'avant-projet sous la forme d'une "mini" station déjà en activité provisoirement au sein du jardin public (futur plan d'aménagement ci-dessous) voisin du Musée du Patrimoine, une future station de compostage des déchets organiques devrait voir prochainement le jour sur la route de l'aéroport, à la sortie de la capitale de l'île.

L'actuelle station pilote, résultat d'un partenariat entre la municipalité d'Houmt Souk et la société allemande GIZ, traite pour l'instant les déchets organiques de 3 hôtels de l'île, soit au maximum une tonne de bio-déchets par jour.

Le but est bien entendu de généraliser par la suite la collecte de ces déchets et de l'étendre à tous les établissements hôteliers ainsi qu'à d'autres établissements tels que les restaurants, marchés, etc. et de produire du compost,  à redistribuer gracieusement ou moyennant paiement.

L'actuelle station "miniature" a également un but informatif, pédagogique et pourra accueillir des groupes scolaires ou autres, interessés par cette démarche écologique.

Sur place, Messieurs Amor et Wissem Chaabane de Mellita, s'attachent avec passion et conviction à diriger cette station, et à informer la population de l'île sur les différentes étapes du compostage. Des journées d'information ont d'ailleurs déjà été organisées au cours de la première quinzaine de ce mois de novembre.

Contrairement à ce que certains craignaient, aucune nuisance (mauvaise odeur, insectes, etc.) n'est occasionnée aux résidents environnants. Il suffit de se rendre sur place pour le constater.

"Les bio-déchets représentent 65 % des déchets domestiques, et dépassent les 70 % dans les zones touristiques. Leur collecte et leur mise en décharge reste difficiles et non maîtrisées (mauvaise odeur, production de méthane, lixiviats, ...)

Objectifs :
- Assurer un programme de formation (citoyens, hôteliers),
- Amener les responsables des trois municipalités de Djerba (Houmt Souk, Midoun, Ajim) et les hôteliers à adopter la collecte sélective,
- Initier les utilisateurs au fonctionnement du procédé de l'aération forcée."

Plus d'informations sur la gestion des déchets hôteliers, cliquez ici.

 

- SOS EAU (12.07.2012)

"C’est à Mdhilla, un petit village du gouvernorat de Gafsa, que les prémices de la crise de la SONEDE ont fait leur apparition dès début juin, dans une indifférence quasi générale. Depuis, cette localité est devenue le symbole d’un drame qui ne cesse de prendre de l’ampleur.

Alertés assez tôt, les médias organisèrent des débats où la situation de petite localité reculée et difficile d’accès fut évoquée par les responsables du service public pour expliquer plusieurs semaines de coupure d’eau potable à Mdhilla : 1 robinet alimentait une communauté se trouvant à 13 kilomètres de cette unique source d’eau."

Suite de l'article ici (Courrier de l'Atlas). Voir également .

La première page Facebook du groupe alertant sur ce très grave problème a été piratée. Une nouvelle page a été créée cette semaine. Cliquer ici pour y accéder.

Le problème de pénurie d'eau courante s'est étendu à plusieurs régions de Tunisie alors que les habitants vivent sous des températures record. L'année dernière, la pénurie touchait l'approvisionnement en bouteilles d'eau potable sur les régions du sud essentiellement, cette année, c'est l'eau courante, pas potable partout au demeurant. A El Guettar, la colère des habitants a été réprimée par les forces de l'ordre. Wessim L. écrivait mardi dernier ce commentaire sur Facebook :

"J'ai lu un papier qqe part qui disait qu'une bombe lacrymo ccoutait entre 16 et 30 euros ...convertissez en dinars et multipliez par le nombre de bombes lacrymo déversées sur la gueule des habitants d'El Guettar ces jours ci quand ils ont manifestés...vous verrez combien de litres d'eau on aurait pu donné à ces familles avec des bouteilles à 500 millimes !"

Le nouveau cycle de pluviométrie est estimé à 4 années de sècheresse et 1 année de pluie. Le manque d'anticipation et un mauvais sens des priorités sont des évidences.

A recevoir des prédicateurs extrémistes aux frais du tunisien, à faire des voyages d'allégeance dans les pays du Golfe, à promettre des moutons invisibles, à offrir comme le ferait une secte des mariages à la chaîne, ce gouvernement en oublie l'essentiel. L'eau, c'est la vie.


- ENTREPRISE DE DECHETS A DJERBA (17.04.2012)

"Les quelques fois où j'ai dû déménager, je me suis dit "Quelle galère, je ne sais pas par quel bout commencer", et pourtant, peu importe comment j'ai entamé ce travail long et pénible, j'y suis toujours arrivée et j'en ai même retiré une certaine satisfaction. J'ai donc décidé de m'attaquer au problème de l'environnement à Djerba de la même manière.

Le point de départ de mon action est donc une rencontre avec une jeune femme, Mme Latifa MARSIT. En suivant une vague indication de la municipalité d'Houmt-Souk, je me suis rendue début avril 2012 à Midoun, derrière l'ISET et j'ai en effet trouvé un espace où s'entassaient des dizaines de sacs remplis de bouteilles en plastique.

L'accueil fut chaleureux et les personnes présentes appelèrent celle qui se présenta comme la patronne des lieux (en toute simplicité). Après m'avoir fait visiter sa petite entreprise, Latifa m'expliqua qu'elle avait suivi ses études de droit jusqu'à un magistère obtenu à Sfax. Elle n'aurait pas imaginé, à l'époque, se retrouver dans cette activité de tri du plastique mais face au chômage, le choix fut vite fait.

Après des démarches auprès de l'ANGED (Agence Nationale de Gestion des Déchets) et d'une banque, elle a obtenu un prêt pour investir dans son matériel de travail en 2007. Quelle est sa démarche pour récolter le plastique ? Au fil des années, elle a su créer un réseau d'approvisionnement à travers les nombreux particuliers qui, dans leurs quartiers, collectent bouteilles, bidons, chaises et tout objet en matière plastique et que Latifa rémunère selon un tarif de 300 millimes le kilo. Cela permet à des personnes à revenus modestes d'arrondir leurs fins de mois et contribue à limiter la dispersion de ces déchets dans la nature.

Une fois les sacs arrivés dans son entreprise, ses employés commencent le tri entre les différents types de plastiques. Elle emploie 2 personnes (un homme et une femme) en ce moment car pendant l'hiver, elle reçoit moins de plastique mais en été, elle a parfois embauché jusqu'à 20 personnes.

- "C'est difficile de trouver du personnel car c'est un travail fatigant et beaucoup de jeunes préfèrent chercher dans les souks ou les hôtels car l'argent est plus facile à gagner. Quand je leur demande de remplir les formulaires pour que je les déclare auprès de la CNSS, ils me demande d'attendre un peu ; certains abandonnent au bout de quelques jours".

Mais pour Latifa le problème principal n'est pas de trouver du personnel mais d'avoir un apport régulier de plastique tout au long de l'année.

- "C'est le centre ECO LEF de Midoun qui récupère les bouteilles en plastique mais pour ce faire, je dois atteindre un minimum de 6000 kilos ; l'argent que génère ce plastique est versée par l'ANGED directement sur le compte de ma banque qui ponctionne mensuellement le prêt qui a été échelonné sur 10 ans."

Pendant l'été, Latifa arrive à joindre les deux bouts, à payer son crédit et à régler les salaires de ses employés en temps et en heure mais le reste de l'année, elle doit faire face à des difficultés d'approvisionnement et n'atteint son quota de 6 tonnes que tous les deux mois. Je lui ai fait part de mon étonnement car connaissant l'énorme consommation des hôtels en bouteilles d'eau et sodas, je voulais savoir pourquoi elle ne travaillait pas plus avec eux.

- "Je travaille seulement avec quelques hôtels mais le problème c'est le temps que je dois passer à attendre le bon de sortie ; si le directeur est en réunion, je dois parfois attendre une heure ou deux dans ma camionnette ; j'ai même arrêté de travailler avec certains hôteliers qui n'acceptaient de de me laisser prendre le plastique (contre rémunération) qu'à condition que je les débarrasse du reste de leurs déchets, sans aucun tri préalable. Par respect pour mes employés, j'ai préféré refuser ce genre d'arrangement".

J'étais stupéfaite.Quand on sait le prix de revient d'une bouteille d'eau et le prix auquel elle est vendue aux clients des hôtels, je ne peux pas croire que ces hôteliers puissent encore exercer un tel chantage !

Quel pavé dans la mare! Depuis ce jour-là, je n'ai qu'une seule idée en tête : imposer aux hôtels le tri de leurs déchets dont la partie organique doit être ramassée par les services des municipalités concernées et dont la part recyclable devrait être récupérée gratuitement par des entreprises comme celle de Latifa.

Ce projet permettrait de créer des emplois verts et garantirait aussi une meilleure traçabilité des déchets car vous n'êtes pas sans savoir que de nombreux hôtels profitent encore des services de privés  sans scrupules pour aller déverser leurs déchets pêle-mêle dans la campagne djerbienne. Certaines associations ont déjà dénoncé ces actes, leurs militants ont même bloqué des tracteurs dont les commanditaires ont été démasqués. Le massacre a assez duré, les hôteliers doivent assumer leur part de responsabilité et les associations doivent mener une campagne d'information et d'actions pour enrayer ce mécanisme désastreux.

Dans le cadre de l'association Citoyenneté et Libertés,  un projet dans ce sens va être mis en place et j'espère que nous trouverons parmi les hôteliers de Djerba, des personnes responsables et conscientes de leur rôle à jouer dans cette entreprise."

Laetitia.J.

p.s. : Cette entreprise familiale se charge également d'aller chez les particuliers pour les débarrasser gratuitement de déchets encombrants, tels que vieilles machines à laver, moteurs, gazinières, matelas, meubles cassés, etc., ce qui évite de les voir pourir le long des routes et des pistes.

Numéros de téléphone : +216. 75.731.291 / +216.97.335.038

- GESTION DE L'EAU ET DES DECHETS A DJERBA (17.04.2012)

Les participants à la 6ème conférence de l'OMT sur le Tourisme en Méditerranée sont arrivés hier à Djerba. Ce dimanche, ceux qui le souhaitent pourront faire soit un tour de l'île sur 1/2 journée (chaussée romaine, Guellala, synagogue d'Erriadh et retour par le port et le fort espagnol), ou bien bénéficier d'une visite plus approfondie intitulée "Djerba comme on l'aime" proposée en 4 X 4 et qui leur fera découvrir des petits villages, tels que Ghizen, Sedghiene, Beni Maagal, Guellala (musée et potiers), synagogue d'Erriadh pour finir par la visite d'un foundouk d'Houmt Souk.

Les parcours de ces excursions auront-ils été exceptionnellement nettoyés, les chantiers illégaux qui pullulent sur l'île cachés, je doute qu'une vraie vision de l'île soit proposée à ces visiteurs. Il est à souhaiter que certains prennent le temps de sortir des sentiers battus pour se rendre compte de la réalité éco-environnementale de l'île. 

On devrait peut-être exposer la réflexion autrement et au lieu de réfléchir sur quel tourisme pour la Méditerranée, parler de quelle Méditerranée pour le tourisme quand on voit par exemple la terrible situation environnementale de Gabès non loin de Djerba (album photo Facebook ici), sans parler encore une fois de la gestion de l'eau douce à Djerba, eau douce qui comme ailleurs part dans des piscines, des centres balnéo à profusion, des espaces verts aménagés de plantes très consommatrices en eau douce, etc.

Deux documents PDF fort intéressants concernant ces sujets : 

1/ Diagnostic Djerba : ici.
2/ Impact du tourisme sur l'environnement à Djerba : 

Apparemment, des budgets sont prévus pour équiper de caméras les rues de Tunis et d'ailleurs pour une meilleure surveillance sécuritaire mais pas pour le ramassage et le traitement des déchets et eaux usées pour une meilleure qualité de vie des citoyens et un meilleur accueil des visiteurs étrangers.

 

- CORRUPTION ET ECOLOGIE A DJERBA (05.04.2012)

"Je fais partie d'un comité formé par plusieurs bénévoles et associations écologiques à Djerba. Nous avons pris en charge le dossier du pillage des dunes de  sable et des déchetteries clandestines qui deviennent incontrôlables et qui menacent toute la zone rurale de Mezraya.

Samedi dernier, 31 mars 2012, un tracteur non immatriculé a voulu déverser sa remorque remplie de déchets polluants dans une zone rurale tout près de la nouvelle station de dessalement d'eau de mer à Mezraya.

Un instituteur retraité a essayé d'alerter le conducteur en tentant de lui expliquer la gravité de cette pratique qui offre à plusieurs hôteliers un moyen rapide et économique de se débarrasser de leurs déchets.

Un enseignant issu de la même famille les a rejoints et a été témoin des insultes et de l'humiliation subies par son proche qui arrêté le tracteur.

Le conducteur les a menacés de leur foncer dessus s'ils l'empêchaient de finir sa mission. La réaction du jeune enseignant fut spontanée et légitime. Il a eu recours à la force pour obliger le conducteur à descendre du tracteur et le rendre inoffensif. Ce dernier n'a pas pour autant cessé de les humilier par des insultes. Un troisième enseignant habitant du quartier  les a rejoints afin de les soutenir et garder le chauffeur en infraction en attendant l'arrivée des policiers.

Suite à des appels successifs, la police n'a répondu qu'à la demande du président de l'arrondissement municipal de Mezraya. La police est finalement venue mais n'a pas voulu coopérer avec la municipalité pour emmener le tracteur à la fourrière municipale !!! Ce conducteur s'en est sorti innocenté et a même porté plainte contre ces enseignants. 

L'écologie sur l'île est prise en otage par des corrompus et des responsables dans les forces de l'ordre sont également impliqués.

Ces infractions écologiques qui menacent cette zone sont devenus quotidiennes et nécessitent des réactions urgentes et sérieuses de la part des organismes concernés.

Nous essayons de rappeler que l'OMT s'est présentée à Djerba le 11 Avril 2003 pour signer avec d'autres ONG écologiques une déclaration qu'ils ont intitulé : "Djerba Declaration on Tourism Impact on Climate Change"

Il est regrettable de devoir rappeler cette déclaration à des hôteliers qui se considèrent dignes de parler de Destination Management alors qu'ils poursuivent des crimes écologiques intolérables.

Je serais à votre entière disponibilité pour tout détail qui peut vous servir à rédiger un communiqué de presse ou qui peut servir de témoignage dans des réclamations pour tout organisme concerné.

Prière de tenir en compte de l'urgence de ce message et bienvenue à vos réactions (médias et associations).

Merci pour votre attention."

Bilel Hawari

 

 

- COMPTE-RENDU JOURNEE "DJERBA EN DANGER" (05.02.2012)

"Aujourd'hui, sur Djerba, a été organisée une journée de sensibilisation: "Djerba; patrimoine historique, architectural et écologique en péril", journée au cours de laquelle djerbiens (associations, représentants de partis politiques, spécialistes, etc.. bref membres de la societé "Djerbienne de tous horizons) avons visité plusieurs endroits et sites sur l'île. Le but: sensibiliser les gens et leur montrer les "Horribles dépassements" et les massacres qu'ont subit et subissent ces sites ces derniers temps et surtout après la révolution... c'était l'HORREUR !!!. 

*Carrières sauvages pour prendre du sable (Ce qui est interdit par la loi). 

*Digues ou "épis" installés en bordures de mer par des hôteliers pour créer des plages "artificielles" privées à leurs hôtels (une catastrophe pour tout un éco-système de la zone Aghir... 

*Décharges sauvages catastrophiques !!! 

*Monuments historiques classés saccagés (mosquées, Meninx, le site archéologique de Henchir Bourgou (à coté de l'ISET Midoun). 

* Mais surtout le site archéologique de Meninx (juste derrière la caserne des BOB pas loin de la nécropole) là où on se prépare pour construire une grande station de "pompage" de gaz de ville, le "pauvre Monsieur BOUCHEMMAOUI" a eu un accord (verbal dit-on) pour construire sur le site classé !!!! Pire il a commencé les travaux) et personne n'intervient ... 

Vue la "passivité" des Djerbiens (que je représente) et la gravité de la situation sur le site du Meninx, à peine rentré chez moi j'ai eu l'idée d'envoyer un message Facebook à un ami, ancien collègue, professeur et Docteur en la matière. 

Je vous fait partager nos messages en mode Copier/Coller. 


- "IMPORTANT :  Monsieur....................... : (et spécial pour vous). Ce matin en faisant l'état des lieux sur le site du Meninx... quelle ne fut pas notre surprise .Dans quelques endroits là où leurs engins creusent (pour bientôt couler (du béton) les sous-bassements de la future station) des vestiges du site apparaissent clairs et nets et surtout endomagés ... Avec mon oeil de guide de tourisme et dans l'un des fossés creusés, quelques pierres "instables" dans la terre à 1 m du sol ont attirées mon attention. Avec une barre de fer j'ai dégagé la première , puis une autre , et une suivante ...,la surprise Cf(les photos jointes) !!! une cavité taillée dans le calcaire blanc (40 cm/40cm sur plus d'1m 30) et couverte par un dallage (une plaque de calcaire blanc) ??? De quoi s'agit-il ?? Une tombe me semble-t-il sans pouvoir l'affirmer et sans en être sûr. 

(c'est pourquoi je vous envoie ces quelques photos prises par mon téléphone portable)... 

J'ai appelé quelques personnes présentes "spécialistes" (Dr Sadok B. Omrane, Mr Sami Ben Taher de l'INP, Naceur BOUABID de l'ASSIDJE). Certaines ont dit que c'est une tombe , d'autres une conduite d'eau !!! Du coup dans les autres fossés d'à côté d'autres jeunes on commencé à creuser dans les endroits "suspects" ... Trois autres cavité identiques ont été trouvées : SOUS LE REGARD DES OUVRIERS DU CHANTIER !!!!

Nous avons quitté l'endroit pour terminer notre programme de la journée sensibilisation, sans pouvoir rien faire !!! 

Le chantier continu ...et le béton ne va pas tarder à être coulé !!! et donc tout va "disparaitre de nouveau" ...les autorités ne font rien, ne disent rien, ne réagissent pas... Que peut-on faire ??? A qui pourrons-nous nous adresser ??? Qui peut nous aider à demander l'arrêt immédiat des travaux (provisoire), juste le temps de vérifier ces "découvertes" ??? 

MERCI." 

La réponse n'a pas tardé ...la voilà (en copier/coller) : 
 
- "Merci pour les photos, bien que peu lisibles, il pourrait probablement s'agir d'une conduite d'eaux usées (des égoûts), mais quelle que soit leur nature et leur fonction, c'est toujrours un témoignage archéologique. Le seul compétent sur le plan administratif pour bloquer même provisoirement les travaux, c'est Sami Bettaher, qui représente l'INP. A lui d'informer la direction générale, Mr. Ahmed Ferjaoui, et rien qu'une simple correspondance au gouverneur de Médenine, ferait l'affaire, afin d'effectuer les sondages, et savoir de quoi il s'agit exactement et conserver une documentation de cette découverte fortuite. A contacter absolument Sami et personne d'autre car il est le seul vis-à-vis, compétent en la matière, à l'égard des autorités locales et régionales- 

- "ok Juste pour info, Sami était parmi nous aujourd'hui !!! Et ce que beaucoup n'ont pas apprécié est sa "passivité" ...de plus qu'il est maintenant à la tête de la mairie de Houmt souk (après avoir "Dégagé" l'ancien conseil municipal ) donc il est le premier responsable de la mairie de Houmt Souk!!! Mais hélas ...et c'est ce que tout le monde répétait aujourd'hui: c'est lui qui a donné l'accord VERBAL à Mr Bouchammaoui pour "installer la station de gaz de ville à l'endroit sus cité (Le site de 70 ha de Meninx CLASSE)... Projet qualifié d' "Interêt Public" MASLA7A 3AMMA... Un représentent de l'INP qui dit OK (verbal dit-on) à installer un tel projet sur un site archéologique classé et qu'il connait très bien !!!" 

- "C'est louche ça !!!!(avis personnel). Je préfère ne pas me prononcer sur sa personne, mais dans ce cas, un télégramme au nom du ministre doit être adressé dès que possible. A lui de demander des explications aux instances chargées du patrimoine, d'autant plus que Ferjaoui est débordé de dossiers de tout genre. Faites le demain à titre d'information, en disant les choses clairement tel que tu viens de me l'exposer. A ne pas oublier non plus, les médias, c'est efficace. Facebook, ça va de soi. Passe les photos immédiatement, et tu vas voir que le résultat y sera en peu de temps." 

- "Ok merci."


Me voila donc suivre ses conseil et partager les photos et le "dialogue".
Jamil Denguir - Djerba, le 04 février 2012

Ce post est la reprise d'un commentaire (ici) que j'ai souhaité mettre plus en avant. Par souci d'une lecture plus confortable, j'ai pris l'initiative de supprimer les abréviations et de corriger quelques petites fautes d'orthographe (compréhensibles dans le "feu de l'action"), ce qui ne change en rien la teneur de l'échange.

- MASSACRE DE LA NATURE ET DE LA BIODIVERSITE A DJERBA (04.02.2012)

"Les actions de destruction et de massacre de la nature de l'île se poursuivent avec arrogance et surtout soutenues par une attitude qui ne tient compte d'aucune valeur de droit, c'est le sentiment d'impunité qui prévaut. De nuit et de jour, une panoplie de camions, tracteurs et une horde de pilleurs déferlent sans arrêt sur tous les sites écologiques, et archéologiques pour piller sables, pierres et pièces archéologiques. Le massacre ne peut plus durer, réveillez-vous citoyens !!. Ils s'attaquent aux sources même de la vie, pour empocher des fortunes.

Les photos suivantes (obscures) ont été prises en pleine nuit  dans une action de citoyenneté regroupant associations et citoyens, découvrant les infracteurs en flagrant délit, la nuit du 29 Janvier 2012, il faisait 8 degrés au plus. D'autres photos ont été prises le lendemain matin pour découvrir l'ampleur des dégâts : Un dépotoir rassemblant tous les déchets et toutes les saletés polluantes pour camoufler l'étendue des profondeurs des ravages entrepris dans les terrains agricoles de Sadhgiane, à quelques mètres de la route reliant Houmt-Souk à Midoun...

Le même spectacle se reproduit partout dans l'île, à Dhahrat Adloun (à un Km de Srandi), où 9 mètres de la colline ont été rasés en profondeur : la moitié de la colline a été sapée.

A Souk el Guebli, site Punique précieux, on liquide des gisements de pierres, on transporte les pierres du site archéologique. Le même gâchis  se perpétue à Bourgou (Site archéologique punique très ancien), à Aghir (la plage publique), à Mozrane où on est entrain de détruire une colline...

A tout ceci, s'ajoutent bien sûr tous les dégâts qu'ont fait subir à l'île cette même bande d'ennemis de la vie, à Borj Jilij, à Cheikh Yahya, à Kouz er-Rmal, et bien partout dans le site insulaire." 

Mohamed Gouja 

Photos sur l'article page Facebook de l'ASSIDJE.

 



- DJERBA EN DANGER (03.02.2012)

"Djerba Mémoire et l'Association de Sauvegarde de l'Ile de Djerba (ASSIDJE) avec d'autres associations organisent le 4 février 2012 une journée d'action DJERBA EN DANGER.

Au programme, un rassemblement devant la municipalite de Houmt Souk à 09H30 puis visite de quelques zones sensibles ravagées.  A 15H30 une table ronde à la municipalite de Houmt Souk sur la situation de l'environnement et des monuments à Djerba avec la participation des spécialistes, les professeurs Younes Jadoui, Adel Kharroubi et Chahbani Bellacheb.

Soyons tous presents pour participer à cette journee pour discuter et trouver des solutions pour preserver votre île qui est un patrimoine mondial."

Houcine Kharroubi 


- DIMENSIONS BAFOUEES (02.12.2011)

Autrefois, il existait deux mesures essentielles données par deux arbres emblématiques au Maghreb, l'olivier et le palmier. L'olivier, arbre de vie, généreux donateur de l'or vert, nous parlait de la largeur, de la largesse, l'impérieuse nécessité de l'espace vital et de la toute aussi nécessaire générosité. Le palmier, grâce à ses régimes de dattes nous apportait le sucre de la vie, la juste dose de douceur, et nous ramenait à la mesure dans la verticalité, et à Djerba notamment, il servait de référence pour les constructions, tout édifice ne devant pas dépasser la taille du plus grand des palmiers. 

Il en est de Djerba comme de toute la Tunisie hélas, en ces temps révolutionnaires, les mêmes qui s'indignent sans toujours s'impliquer, les mêmes qui revendiquent tout en restant dans leur confort doré, construisent de ci, de là, sans aucun respect de l'environnement ni des lois en vigueur. Ils donnent à leur sens de l'opportunisme une dimension jusque-là jamais atteinte.

La révolution ne sert que leurs intérêts mesquins et à voir les tas de briques qui recouvrent l'île, on se dit qu'ils sont nombreux et pressés d'investir dans des valeurs autres que celles pour lesquelles des millions d'autres se battent au quotidien, ne serait-ce que par un comportement solidaire et responsable. 

- L'ARCHITECTURE VERNACULAIRE DE DJERBA (01.11.2011)

Extrait de l'avant-propos de l'auteur, Ali Djerbi, dans son livre "L'Architecture vernaculaire de Djerba" paru aux éditions R.M.R. qui tente d'interpeler sur "l'architecture écletique qui envahit l'île" : 

"L'intérêt porté aujourd'hui à l'architecture vernaculaire résulte d'un constat relatif à la dégradation de la qualité de vie dans les établissements humains que ce soit par rapport au patrimoine ancien ou à l'aménagement des nouveaux quartiers lotis et jonchés d'immeubles standardisés. En effet, aujourd'hui plus qu'hier, la plupart des sociétés sont de plus en plus d'une culture normalisante et basée sur le mimétisme aveugle des systèmes de consommation. Depuis plusieurs décennies la nature des édifices, leur implantation, leur système constructif et leur expression ne prennent plus en considération les spécificités contextuelles ni sur le plan physique, comme la nature des sols ou le climat, ni sur le plan socio-culturel, comme le mode de vie ou le niveau économique des habitants."

 

 

- EAU : DJERBA VERS L'AUTONOMIE (14.11.2008)

On en entend parler depuis des années, par rumeurs interposées, et il se dit que le projet a maintes fois été gelé à cause de négociations quant à l'implantation de cette usine de dessalement de l'eau. Il aurait notamment été question que cette station soit implantée sur les rivages de la zone touristique, prenant le risque de nuire gravement à l'esthétique de la côte et d'offrir aux visiteurs une vue sur mer inattendue.

La SONEDE va lancer en 2009 les travaux de cette station de dessalement de l'eau, investissant pour ce faire 61 millions de dinars. Les travaux devraient s'achever en 2012. Le but est d'assurer la production de 50 milles mètres cube d'eau "potable"/jour. Vous trouverez plus dinformations, iciici et .

L'eau est rare sur l'île et peu de zones bénéficient d'une nappe phréatique d'eau douce. Cependant, on peut constater que l'île est un vrai gruyère, chacun creusant son puits comme et quand il l'entend, bien que cela soit interdit, pour obtenir la plupart du temps une eau saumâtre et/ou très calcaire, mais faute d'autre source d'approvisionnement, c'est la loi de la débrouille ...

Quand un puits est tari, un autre est creusé, et le premier sert hélas bien souvent de déchetterie, ce qui laisse présager de bien mauvaises nouvelles quant à l'état de la nappe phréatique d'ici quelques années, puisque ces déchetteries sauvages reçoivent sans distinction des déchets organiques mais aussi des plastiques, des piles, des bombes insecticides, des vieux pots de peinture, des médicaments, etc.

Il y avait donc et il y a urgence.

La collecte des eaux de pluie est une pratique générale mais cela ne suffit pas et les djerbiens dépendent pour beaucoup de l'eau minérale en bouteille, onéreuse et polluante de par les déchets plastique qu'elle occasionne. Fort heureusement, ces bouteilles plastique sont désormais récupérées et recyclées.

Voir le s
ite Drinking Water, ici.


- UN DJERBIEN EN COLERE (17.06.2008)

Kamel Tmarzizet – Extraits « Halte à la défiguration de Djerba » - Paris, mars 2008
Article paru dans le journal local « Al Jazira » N° 236 – Juin 2008

« ….Quiconque a suivi, depuis des décennies, l’évolution et le changement sur l’île, a pu comme moi, constater avec beaucoup de tristesse, de stupéfaction et souvent de colère, la dégradation constante du patrimoine culturel et naturel commun, qui recèle un potentiel artistique et touristique extraordinaire. Des Menzel et des édifications ont été abattus et leurs pierres vendues dans une frénésie de démolition spéculative. Pis encore, des sites historiques et naturels d’une grande valeur, ont été supprimés avec une rapidité inouïe ; des oliveraies et des palmeraies ont disparu comme neige au soleil !... »

« …Pour l’heure, Djerba connaît des activités fébriles désastreuses et des désordres liés à une urbanisation sauvage, pléthorique et aussi et surtout à une spéculation foncière attisée par la connivence et la complicité de marchands sans éthique…. »

« …Le danger de cette frénésie de construction, qui jure avec le soi de l’île et le doux paysage de la Méditerranée s’est opéré sur l’île sans vision urbanistique, ni contrôle, ni réflexion sur l’espace commun et social et sur la qualité conceptuelle des plans… »

« …Ma virulence peut paraître à certains exagérée, mais en réalité elle à la mesure de la catastrophe écologique et du scandale, d’assister silencieux à l’étiolement de l’île, qui est en décomposition dans son linceul de béton. .. »

« …Cependant, a-t-on au moins conscience que de l’exploitation sans précaution et irrationnelle, qui se poursuit à un rythme atteignant des seuils préoccupants, résulte le risque de l’épuisement total de toutes les richesses non renouvelables que constitue le patrimoine naturel et historique de Djerba, l’île qui a fait jusqu’ici les délices des visiteurs étrangers ; ce qui se traduit en d’autres termes par l’étouffement de la poule aux œufs d’or ! Et conséquemment par la fin des activités touristiques à Djerba ?... »

 

 

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