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14 mars 2012

13 mars, Journée Nationale de la Liberté sur Internet

Hier, au palais présidentiel de Carthage se déroulait une cérémonie à l'occasion de la première Journée Nationale pour la Liberté d'Internet en Tunisie. Cette date du 13 mars marque la première commémoration, le premier hommage officiel de l'Etat tunisien à l'égard du premier cyber-dissident, Zouhaïr Yahyaoui, mort en 2005 quelques temps après sa sortie de prison où il séjournait en temps que prisonnier politique.

La mère de Zouhaïr Yahyaoui a reçu de la Présidence une médaille d'honneur. L'émotion était très forte dans la salle, compassion pour sa famille mêlée d'admiration et de fierté pour ce jeune homme et les siens, symbole de courage et de combativité politique, d'implication totale et d'engagement sans faille.

Médaille posthume

Dans la salle, se trouvaient notamment des cyber-dissidents au parcours douloureux, ayant connu la prison et l'exil, des blogueurs engagés pendant la période de la dictature dans la lutte contre la censure sur Internet, d'autres témoins de terrain sur des évènements sociaux tus par la presse officielle benaliste (révolte du bassin minier en 2008), et toujours très actifs à ce jour, à l'instar du collectif de blogueurs Nawaat. Il y avait également des journalistes, des sociologues et des administrateurs de pages Facebook.

Ces "Admins", hélas, n'étaient pas venus pour entendre, témoigner à leur tour, échanger mais pour se mettre en concurrence de façon puérile avec les membres de la blogosphère, démontrant par là-même qu'il s'agissait pour eux d'une bataille d'ego, signe d'une immaturité totale en matière de citoyenneté, pour provoquer l'affaissement du débat au niveau d'une chamaillerie de cour de récréation et non d'une rencontre au profit de la lutte pour la liberté sur le Net. 

Sans aucun respect du déroulement de l'évènement auxquels ils étaient conviés, sans aucune humilité devant la famille de Zouhaïr Yahyaoui, ces administrateurs de pages Facebook qui sous l'ère Ben Ali se terraient dans le silence ou pire applaudissaient à tout discours de ce dernier, se revendiquent aujourd'hui contestataires, défenseurs de la liberté d'opinion, de la liberté d'expression et tentent de transformer leurs pages Facebook jusqu'en décembre 2010 consacrées au football, en pages militantes. Elles le sont, certes, depuis le départ du dictateur, puisque ce sont désormais des pages qui affichent clairement leur soutien au parti d'Ennada, ce qui par ailleurs est parfaitement dans leur droit et qui leur assure une rémunération qu'ils ne nient pas. 

Il est essentiel de leur rappeler que le droit à la liberté de parole implique tacitement le devoir d'écoute de l'autre. Il est indispensable de souligner qu'il ne s'agit pas d'une course à la starisation, que la "légitimité" d'un combat, d'une prise de position, ne se pose pas en des termes aussi stupides que "Nous avons x fans sur notre page Facebook et vous combien de personnes touchez-vous ?" et en des attaques injurieuses d'une très forte vulgarité, inadmissibles et à condamner fermement.

L'absence de Fatma Arabicca a été très remarquée mais son courage et son engagement ont été salués tout comme ce fut le cas pour Lina Ben Mhenni. Certains blogueurs en effet n'ont pas souhaité participer à cette journée par peur d'une récupération politique, d'autres pris par d'autres engagements.

Cette première journée a permis de faire l'historique du rapport du politique face à Internet en Tunisie, celui de la cyber-dissidence, de soulever une fois de plus l'épineuse question de la censure (Ammar 404) qui existe toujours et  qui donne ces derniers temps des signes négatifs de plus en plus fort d'intrusion et d'atteinte aux libertés d'expression sur le net et au droit d'accès à l'information.

Prise de parole B

Comme l'a rappelé Jolanare au cours de son intervention, cette journée n'aura de sens si et seulement si toute forme de censure sur le Net est définitivement levée.


 

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