MADjerba

Informations pratiques pour séjourner ou vivre à Djerba

07 janvier 2010

TOURISME ET PRESERVATION DE L'ILE

Dans son premier numéro de janvier 2010, le journal de l'île "Al Jazeera" publie un article dans ses pages francophones, signé de Monsieur Kamel Tmarzizet et dont le titre est :

"Il y a urgence à sauvegarder Djerba, l'île déjà condamnée sur l'autel du gain !"

En lisant l'article, mal scanné hélas ci-dessous à cause de son format, il est clair que Monsieur Kamel Tmarzizet juge le tourisme responsable unique de tous les maux de l'île, à tel point qu'il aurait pu écrire "l'île déjà condamnée sur l'hôtel du gain."

autel_du_gain

Il qualifie le Tourisme comme phénomène social et ne mâche pas ses mots :

"Un phénomène derrière lequel se cachent des fortunés privilégiés chargés de définir et eux seuls, les normes et les méthodes pour promouvoir le tourisme.

... Aujourd'hui, à Djerba, l'île sujette à la folie immobilière et à des manoeuvres spéculatives inouies, les menzels sont délabrés, les champs de culture traditionnelle sont en friche et lieux de surpâturage pour les bergers. L'autoproduction a quasiment disparu."

Il conclut ainsi :
"A l'heure où Djerba débat sans succès et sans fin de l'avenir de son environnement et de son tourisme, les responsables se doivent au plus vite de réagir, d'arrêter cette marée destructrice et imaginer enfin, une politique touristique cohérente et pragmatique écologiquement saine et socialement équitable."

Ayant déjà discuté de ce sujet sur Facebook, il me semble que le problème réside surtout dans une urbanisation galopante et anarchique, tant dans les villages que les zones rurales, avec peu ou pas d'anticipation sur les conséquences et besoins, le tout aggravé par une architecture souvent bâclée. Il est vrai que  la moindre parcelle est exploitée pour construire des cubes de magasins, des habitations sans permis de construire, des appartements pour retraités européens, au mieux des minuscules villas vendues à prix d'or. Pas de trottoirs dignes de ce nom, pas de parkings, des décharges sauvages un peu partout... Chacun semble faire ce qui lui plaît !

Les zones hôtelières sont au moins structurées, l'île a échappé aux tours pour touristes, les hôtels ont de grands jardins, heureusement parce que bientôt, il n'y aura plus un carré de nature sur l'île et les hôteliers commencent à prendre conscience que jouer la carte de l'écologie ne peut qu'être un argument commercial majeur pour les décennies à venir.

Le débat est ouvert.

© Djam2305

Posté par madjerba à 06:05 - 10. INFOS LOCALES/NATIONALES - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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Commentaires

la carte de l'écologie !!!! ce n'est pas seulement un grand jardin autour de l'hôtel...c'est tout l'environnement en dehors de l'hôtel et les hôteliers n'en sont malheureusement , pas encore conscients ...pire même.. ils contribuent eux mêmes à sa destruction en jetant les déchets de leurs chantiers et travaux...leurs poubelles etc j'ai aimé l'article de Mr Tmarzizet , il présente une vision globale des maux et malheurs de Jerba..qui provient essentiellement de l'égoïsme de promoteurs véreux et le silence des autorités qui sous prétexte de favoriser la création d'emplois laissent la porte ouverte à tous les abus ...il y a un proverbe chez nous qui dit كل بلاد تخدمها رجالها chaque région ne peut être bien servie que par ses hommes ....or Jerba n'a jamais été servie par ses hommes ...

Posté par anonyme 17, 07 janvier 2010 à 11:33

@ Anonyme 17

Il est vrai que certains hôtels déversent illégalement et sans scrupules leurs déchets et/ou gravas mais cela est de moins en moins le cas et les normes de respect environnemental sont depuis quelques années des facteurs sérieusement pris en compte notamment par des chaînes hôtelières étrangères. Il est clair également que le tourisme implique des besoins en eau, en énergie énormes et participe largement à la pollution.

Cela étant dit, ce que je n'apprécie pas dans cet article, c'est une sorte de dé-culpabilisation des djerbiens eux-mêmes, alors qu'ils sont les premiers à morceler leurs terres pour y construire tout et n'importe quoi et n'importe comment et que rares sont ceux qui prendront la peine d'investir dans une poubelle. Beaucoup construisent sans permis, ne respectent pas les règles d'urbanisme, car l'appât du gain est désormais la valeur première.

L'île était sûrement un endroit paisible autrefois ; l'erreur a certainement été de ne tabler que sur un tourisme de masse et pas un tourisme de prestige, mais il est indéniable que cette industrie a permis la création de nombreux emplois, certes pour des personnes venues pour la plupart du continent.

C'est là d'ailleurs que l'article me gêne, car comme dans ton commentaire, on sent comme une hostilité à l'arrivée de populations extérieures. Faut-il comprendre que certains djerbiens ne veulent vivre qu'entre djerbiens ?

Si Djerba n'a pas été servie par ses hommes, je crois que ses hommes l'ont amplement desservie, par manque d'implication et par un attrait immodéré pour le profit immédiat. Il est vrai que certains ont été expropriés sur certaines zones, comme pour construire le golf, mais en ce qui concerne le bord de mer, les djerbiens n'y ont jamais habité.

Chacun doit prendre ses responsabilités et agir en citoyen mais ça, ça n'est pas gagné ! J'ai par exemple tenté de former un Comité de quartier mais ça a été un échec. Je suis la seule de mon quartier à me rendre à la municipalité ou à écrire. J'ai obtenu le ramassage des poubelles et la réfection de la piste. Personne pour me soutenir mais tous à attendre que les choses leur tombent toutes cuites dans le bec.

Oui les autorités ont leur part de responsabilité mais chaque citoyen aussi et bien souvent il est navrant de voir que ce sont des étrangers qui s'engagent dans des actions concrètes pour défendre et le patrimoine et l'environnement.

Posté par MAD-DM, 07 janvier 2010 à 20:00

Jerba victime de son developpement touristique

je suis en train de lire ces jours là un livre sur Jerba paru recemment et co-écrit par les enfants de l'ile les éminents professeurs de géographie Abdelfatteh El Kassah et Mongi Bourgou intitulé "l'ile de djerba:tourisme environnement et patrimoine".les auteurs défendent les mêmes idées que Mr Kamel.l'avenir de l'île selon eux se dessine dans une prise de conscience collective et une participation de tous les acteurs et le tourisme occupe une place stratégique pour ne pas demeurer entre les seuls mains des professionels.

Posté par laabed, 07 janvier 2010 à 21:41

@ Laabed

Merci pour les références du livre. Je suis moi-même convaincue que c'est tous ensemble que nous pouvons faire évoluer les choses et que tout simple citoyen peut apporter sa contribution aussi modeste soit-elle. Il faut revoir l'échelle des valeurs, tabler sur la formation, la responsabilisation de tous les acteurs de l'île, officiels, professionnels du tourisme, promoteurs, commerçants, corps enseignant, enfants, visiteurs, agriculteurs, etc.

Posté par MAD-DM, 07 janvier 2010 à 22:28

Résumé débat sur FB

"- La responsabilité incombe aux responsables municipaux, au ministère du tourisme qui n'a pas su développer une stratégie à la hauteur de cette île, aux djerbiens qui ont soit quittés, soit vendus leur terre de leurs ancêtres pour un appât de gain facile et enfin à son succès...."

"- Les Djerbiens eux-mêmes devraient se sentir un peu plus éco-citoyens, si chacun, au lieu de jeter le moindre papier, prenait la peine de le déposer dans une poubelle, ce serait déjà une victoire !"

"- Le responsable c'est l'Homme est son inconscience : le jerbien local parceque sa simplicité d'esprit, incapable de voir la richesse de son île, le capitaliste assoiffé d'argent qui pour rembourser les banques et faire du bénéf fait une croix sur l'écologie et les étrangers qui participent, inconsciemment peut être, à l'urbanisation massive de l'île alors que sa beauté réside dans les zones sauvages. Rabbi yoster"

"- Je rajouterais aussi l'irresponsabilite des immigrants qui viennent s'installer a Djerba, parceque les vrai Djerbien ont presque tous deserte l'ile.
I love Djerba!"

"- Yes , I love Djerba ...!!! Préservons la du mieux possible ."

"- Oui et non !En fait , tu me rappelle l'article écrit par ma cousine à la presse
http://fr.allafrica.com/stories/200908260781.html
qui pour plusieurs responsables était un scandale qui menace le tourisme...
Le tourisme, l'environnement et le patrimoine vivent en symbiose
Mais, c'est l'économie qui peut détruire cet équilibre ! Comme elle peut l'entretenir !!!
Pour ne pas compliquer les choses avec ces relativités :
* Les banques aiment bien accréditer les gens, gagner la devise... y-a-t-il une seule banque à Djerba qui a essayé un plan épargne ou un crédit immobilier qui favorise la sauvegarde du patrimoine ?
Y-a-t-il une agence de voyage qui favorise le green tourism et qui fait dérailler le tourisme de masse des rues de commerce ?
il n'y a que ceux qui vont aux désert et c'est eux qui remportent tjs les meilleures appréciations !
*De nos jours les résidents d'origine étrangère deviennent plus conscients de la valeur du patrimoine local que plusieurs "originaux".
Si vous parlez de l'immigration intérieure. C'est à cause du tourisme et c'est une mentalité sociale qu'on doit changer !
C'est la responsabilité de tous ! On ne doit pas urbaniser Djerba
Vous voyez Dubai c'est un tourisme Jetset qu'on vient de bâtir en plein désert... On avoue que c'est une réussite ! Mais rien ne vaut le tourisme paysager. Ceux qui partent là bas se payent des fortunes pour voir des paysages artificiels urbains et n'a rien du tourisme écologique ni du tourisme culturel.
Offrir la décentralisation et l'accessibilité aux services indispensables (aménagemnt, sanitaire, financier, administratif...) est suffisant pour que Djerba demeure une réussite. N'oubliez pas que Djerba est encore un modèle de paix qu'on vient de menacer en 2002

"- En ce qui concerne les déchets, les habitants de l'île où il n'y a pas de ramassage par les municipalités jettent leurs détritus dans de vieux puits asséchés en y mettant pêle-mêle piles, médicaments, aérosols, déchets organiques, plastiques et autres. La nappe phréatique doit être bien polluée.
Chaque fois que je vais dans un magasin, on me propose un sac plastique pour emporter ne serait-ce qu'un magazine. Je refuse net à chaque fois et dit au commerçant de ne plus donner de sachets plastique. On me répond toujours que le client ne le comprendrait pas. Il faudrait sensibiliser les enfants dans les écoles. Ils sont l'avenir."

"- Je vais parler de certains que personne jusqu'à maintenant n'a montré du doigt. "Nos jerbiens vivant à l'étranger qui reviennt chaque été et qui "détruisent tout":
*ce sont eux les plus grands acheteurs de terrains(sauvages) sur l'île ces 7 dernières années.Le problème c'est qu'ils viennent ici (ou reviennent) pour detruire nos plus beaux paysages (ce qu'il en reste); ils arrachent ces palmiers et surtout ces oliviers plusieurs centenaires pour construire à leurs places des "habitations modernes" à l'européenne qui n'ont rien de jerbiens: villas à colonnade, façades en pierres sculptées souvent de couleur rose,baies vitrées, vérandas en alu. avec des verres de toutes les couleurs. Fenêtres en alu ou en PVC blanc.Le pire, se sont les toitures : pseudo style provensal mi-plat/mi-"triangulaire" en tuiles .....
POUR MOI C'EST UNE DéGRADATION DE L'ENVIRONNEMENT JERBIEN.(même si en partie ce n'est pas le sujet de discussion)
*Le second point que j'aimerais bien signaler est leur(nos jerbiens de l'étranger) participation considérable chaque été à détruire et polluer la côte sauvage(ouest) de l'île.
Généralement ces "vacanciers" quand ils vont à la mer, ils évitent les plages de la zonne touristiques(pour éviter les Gawri (européens),... pour intimité, traditions...) et donc ils s'orientent tous vers les plages de la côte ouest (Sidi Jmour...)pour y passer de bon moments...!!!et vous connaissez la suite (camping...barbecues...chouilles)."

"- Je ne pense pas toutefois qu'il soit juste de focaliser sur les djerbiens de "l'extérieur" ; chacun a sa part de responsabilité et en vivant à Djerba depuis plus de 15 ans maintenant, je sais par expérience que tout le monde est impliqué ou plutôt désimpliqué en grande majorité.
L'architecture peut et doit évoluer par rapport aux critères de vie moderne mais il est vrai que l'on voit des maisons vraiment affreuses pousser un peu partout. Hélas, on n'y peut rien, il s'agit de la liberté de chacun.
Je ne suis pas aussi exigeante, j'aimerais simplement dans un premier temps que les gens respectent le recul qui est imposé par la loi au niveau des pistes. Dans mon quartier par exemple, l'entrée de la piste ne peut laisser passer qu'un seul véhicule. Un jour, une voiture est tombée en panne et a bloqué l'accès pendant 5 jours ! ...
Ensuite, il serait bon que chacun investisse dans une poubelle et s'il n'y a pas de ramassage municipal, qu'une personne motorisée se charge d'apporter les sacs poubelles jusqu'à un point de collecte. Beaucoup de djerbiens utilisent des terrains voisins non occupés comme décharge ou encore une fois des puits abandonnés. Le problème des puits hors cadastre est d'ailleurs une véritable plaie. Les services municipaux ne veulent pas les boucher car ils sont la propriété de particuliers et que c'est à ces derniers de les entretenir."

Posté par MAD-DM, 08 janvier 2010 à 06:55

Effectivement ..l'article dé-culpabilise les jerbiens et je suis de cet avis ....mais les culpabilisent par ailleurs pour avoir laisser les choses se passer de cette façon ...et les raisons de cet abandon par les jerbiens de la chose publique sont bien profondes et retrouvent leurs origines dans le problème entre le pouvoir et les youssefistes ...et c'est pas là notre sujet ... les jerbiens ont su à travers les siècles préserver leur île ...sa détérioration a commencé au début des années 80 ...avec l'arrivée en masse des hôteliers non-jerbiens et avec eux des milliers d'ouvriers et d'employés du continent ...il fallait bien leur trouver des logements et c'est là que les jerbiens ont commencé soit à vendre des terres pour des habitations anarchiques soit à construire eux mêmes pour profiter eux aussi de cette manne ...Je ne suis pas contre les étrangers ...mais ce qui s'est passé à Jerba c'était une invasion...tous les ouvriers des chantiers se sont installés à jerba à la fin des chantiers et se sont convertis un peu dans tous les secteurs...y compris la délinquance , activité inconnue jusqu'à cette époque à Jerba ...

Posté par anonyme 17, 08 janvier 2010 à 16:05

@ Anonyme 17

En fait, ce n'est pas un problème d'invasion mais comme bien souvent un manque d'anticipation des conséquences d'un projet. Il était prévisible que des ouvriers allaient venir en nombre, que d'autres djerbiens et continentaux chercheraient du travail dans l'hôtellerie, donc on aurait pu prévoir la création de quartiers résidentiels bien aménagés pour tous les nouveaux venus.

Le manque d'anticipation a des tas de conséquences plus ou moins graves, comme par exemple lorsqu'on installe une grande supérette en plein centre de Midoun sans prévoir de zone de livraison et surtout une aire de stationnement de bonne capacité ou lorsqu'on accorde des permis de construire dans des zones où rien n'est prévu pour la collecte des déchets, etc.

Posté par MAD-DM, 08 janvier 2010 à 21:30

c'est bel et bien une invasion ... les promoteurs comptaient sur la main d'œuvre déjà sur place (les jerbiens)que la décennie du cooperativisme a laissé complètement démunis et désœuvrés ...ceux là n'avaient pas besoin de quartiers neufs , ils étaient déja sur place ... on n'avait rien à anticiper .. seulement les jerbiens ont rechigné à travailler dans les hôtels par conservatisme et pour les salaires qu'on leur proposaient ...ce qui a fait le bonheur des hôteliers qui se sont passés le mot et ont commencé à recruter à tour de bras des continentaux .. tu ne connais peut être pas ces détails mais ils ont changé le face de l'ile ...et étaient à l'origine de l'état actuel de l'ile qui s'est bien sur aggravé au fil du temps .. la majorité des jerbiens avaient quitté l'ile entretemps pour aller travailler dans le continent et à l'étranger laissant aux autres le soin de " s'occuper " de leur ile

Posté par anonyme17, 09 janvier 2010 à 00:25

@ Anonyme 17

En fait, c'est le mot "invasion" qui me perturbe car il a une connotation négative.

Ceci dit, le constat est là, l'environnement à Djerba en a pris un certain coup et il faut désormais réfléchir et agir tous ensemble, djerbiens "de souche" et djerbiens "d'adoption" pour que cette situation soit corrigée au mieux, il y a je pense des dommages irréversibles, et que l'on jette les bases d'une nouvelle gestion de l'île et une nouvelle façon d'y vivre, de quel que bord qu'on soit.

Gardons espoir !

Posté par MAD-DM, 09 janvier 2010 à 05:45

@mad

je n'ai pas trouvé un autre mot qui décrit cette situation ...mais je t'assure qu'il n'a aucune connotation "xénophobe" ..je sais qu'il y a des jerbiens "d'adoption " bien plus soucieux de l'environnement de Jerba que les jerbiens " de souche " et tu en fais partie ...

oui, gardons espoir....

Posté par anonyme 17, 09 janvier 2010 à 09:24

@ Anonyme 17

T'inquiètes, je connais ton état d'esprit, nous échangeons depuis pas mal de temps maintenant.
Si je relève, c'est parce que d'autres personnes lisent et peuvent mal interpréter ou en profiter pour s'enfoncer dans une mauvaise brèche.

2010 : Espoir et action ! )

Posté par MAD-DM, 09 janvier 2010 à 09:30

la Tunisie est devenue sysnonyme de tourisme bas de gamme, tarif très bas et service merdique, donc les gens qui en ont les moyens vont ailleurs, il n'y a plus que les rmistes et les retraités européens pour aller en tunisie

Posté par el_manchou, 19 janvier 2010 à 20:32

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